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« Libérer le potentiel des plantes », l’objectif de Biopterre – Centre de développement des bioproduits



Dans le cadre de notre série consacrée aux centres collégiaux de transfert technologique actifs dans le domaine environnemental, nous nous penchons ce mois-ci sur Biopterre - Centre de développement des bioproduits. Pour en savoir plus sur les bioproduits et sur les activités du Centre, nous avons questionné Mme Marie-Pierre Dufresne, chargée de projets chez Biopterre, un centre qui a pour mission de contribuer à l’accroissement de la compétitivité et de l'innovation au sein des entreprises du secteur des bioproduits, et de promouvoir la multifonctionnalité des milieux ruraux.

Biopterre vise à libérer le potentiel des plantes dans les secteurs de la santé, de l’environnement, de l’énergie et des applications industrielles. Ses secteurs d’expertise sont variés :

  •  Bioproduits issus de l’agriculture moléculaire ;
  •  Bioproduits horticoles ;
  •  Bioproduits industriels ;
  •  Bioénergies ;
  •  Technologies environnementales ;
  •  Produits forestiers non ligneux ;
  •  Aménagements agro-forestiers.

Reconnu par le gouvernement du Québec comme centre collégial de transfert de technologie (CCTT) en 2007, Biopterre a connu depuis sa mise en place une croissance rapide. La réalisation de nombreux projets de recherche appliquée et de transfert de technologie avec des entreprises québécoises, l’augmentation considérable tant des ressources humaines que du chiffre d’affaires du Centre, et la crédibilité accordée à l’organisme, démontrent bien la pertinence des activités de Biopterre.

Les bioproduits, des produits d’avenir
Un bioproduit est un produit commercial ou industriel nécessitant des matières premières biologiques ou renouvelables, issues de l’agriculture, de la forêt et de la mer. Par exemple, les biofertilisants, le biochar, les biofiltres, les bioénergies, l’utilisation industrielle des fibres, les nutraceutiques, les produits de santé naturels, etc. Les bioproduits excluent les aliments utilisés à des fins de consommation humaine et animale.

En termes environnementaux, les bioproduits jouent un rôle important dans la recherche de solutions pour le remplacement de combustibles fossiles, et pour la diminution des gaz à effet de serre. Les bioproduits et bioprocédés permettent des pratiques environnementales durables, des sources de pollution réduites et davantage de produits biodégradables. Finalement, les bioproduits offrent aussi des avenues intéressantes en matière de développement économique rural et de diversification, pour les producteurs agricoles.

Les bioproduits et bioprocédés s’inscrivent au sein de la bioéconomie dont le marché mondial, selon Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), représentera en 2015, 500 milliards de dollars. Le Canada réalise déjà des ventes de plusieurs milliards de dollars dans ce secteur. Quant au Québec, il se positionne très bien avec le tiers des entreprises canadiennes liées aux bioproduits sur son territoire.

Pour que les entreprises d’ici puissent aller chercher leur part sur les marchés mondiaux, elles doivent innover dans le développement de bioproduits et bioprocédés, d’où la pertinence d’un centre de transfert technologique comme Biopterre.

Un exemple concret axé sur la multifonctionnalité et les circuits courts
Biopterre travaille en collaboration avec l’équipe de la Ville de La Pocatière à la mise en place et au suivi d’un dispositif expérimental de fertilisation de saules à partir des résidus organiques provenant de la collecte à trois voies. Ce dispositif permet, dans un premier temps, de valoriser par compostage les matières organiques générées par les citoyens, institutions, commerces et industries de La Pocatière.

Suite aux premières phases de maturation sur une plateforme de compostage, les matières seront mises en andains le long de rangées de saules. Le champ de saules servira de phytotraitement pour le compost. C’est-à-dire que les racines filtrent le lixiviat qui s’écoule du compost, assurant une réduction des risques de pollution de la nappe d’eau souterraine. Le compost permettra quant à lui de fertiliser les saules, qui atteindront une hauteur de 6 à 8 m après trois ans et pourront alors être récoltés. Le saule, une fois récolté, sera conditionné, par exemple pour être utilisé dans un réseau de chaleur de chauffage à la biomasse.

Ce projet est un exemple intéressant des concepts de multifonctionnalité et de circuit court. Effectivement les éléments principaux du procédé, soit le compost et le saule, jouent un double rôle au sein du dispositif, et le projet répond à des besoins locaux, tant en termes de traitement des matières organiques, que de production de biomasse.

Une collaboration étroite avec  l’Institut de technologie agroalimentaire (ITA) et le Cégep de La Pocatière
Biopterre compte sur l’expertise de nombreux professeurs de l’Institut de technologie agroalimentaire et du Cégep de La Pocatière  pour la réalisation de ses mandats de recherche appliquée et de transfert de technologie, dont certains interviennent de façon ponctuelle et d’autres sur une base régulière, et ce, depuis la création du centre. Ce lien est précieux pour Biopterre, car il donne un accès direct à des spécialistes de différents domaines : chimiste, biologiste, agroéconomiste, agronome, ingénieur, spécialiste des sols, etc. Ces professeurs viennent bonifier l’équipe de chercheurs, de professionnels de la recherche, et de techniciens de Biopterre. Le Centre reçoit également une dizaine de stagiaires par année. Ces pratiques assurent un lien constant entre Biopterre et ses institutions d’enseignement associées, et permettent aux projets d’avoir de réelles retombées sur l’enseignement.

Pour en savoir plus
Visitez le site Web de Biopterre.



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