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ICMTL : une initiative d’avant-garde en entrepreneuriat créatif



Par Raymond Robert Tremblay, coach et consultant en gestion

Ça prenait un lieu spécial pour offrir le programme d’attestation d’études collégiales Venture Creation in the Creative and Cultural Industries (RNA.07). Bientôt également disponible en français, cette initiative conjointe du Collège Dawson et du Cégep du Vieux Montréal se démarque par son style résolument décontracté et innovateur. Partageant les espaces d’ICMTL, «un incubateur dédié aux entrepreneurs culturels et créatifs», les locaux évoquent plutôt les Workspace en vogue que les salles de classe traditionnelles. On y offre le premier programme combinant un perfectionnement professionnel et un programme de préincubation s’adressant d’abord à des professionnels des industries culturelles et créatives.

Le groupe se soumet à une séance de photo 360.

Hors des sentiers battus, on y retrouve des designers industriels, des photographes, des artistes visuels, des entrepreneurs sociaux qui ont en commun une créativité remarquable et une volonté de concrétiser leurs rêves. Le Lunch de réseautage et d’inspiration qui s’y est tenu le 6 mars dernier était de la même mouture, avec un brin de folie et une énergie électrisante dans l’air.

Ana Marinescu, spécialiste du développement de la clientèle et du réseautage qui enseigne le cours Customer Creation a proposé de tenir cet événement afin de développer le réseautage des étudiants

Si près de la fête internationale des femmes, j’ai remarqué spécialement le rôle éminent et le leadership des femmes dans ce projet. Si la première cohorte est bien équilibrée en fait de genres, il faut cependant remarquer la place importante des conceptrices de ce nouveau programme.

Discours d'inauguration de Madeleine Bazerghi, leader et inspiratrice de ICMTL.

Au cégep du Vieux Montréal qui accueillera la première cohorte francophone en septembre prochain, on remarque aussi l’importance du leadership féminin. De fait, ces deux collèges représentent bien la diversité de la population montréalaise et cherchent à s’inscrire dans les mouvements d’innovation contemporains, ce qui n’est pas toujours évident face à une organisation ministérielle très centralisée. Si ce gouvernement appuie en principe l’entrepreneuriat jeunesse – c’est même la 5e priorité du plan d’action jeunesse – en pratique, il arrive souvent que les innovateurs se heurtent à des obstacles bureaucratiques. «Votre projet est bien beau, mais il n’entre pas dans les critères de notre programme», ai-je entendu très souvent de la part de fonctionnaires bien intentionnés, mais dont les mains étaient liées. C’est dire la détermination et l’esprit entrepreneurial qui doit animer ces dames!

Maude Lemire-Desranleau et Leesa Hodgson, qui veilleront à l’implantation de la version francophone de l’AEC au Cégep du Vieux Montréal, s’amusent avec les formes proposées par le designer et entrepreneur en devenir, Pierre Vosgueritchian.

Situés dans le Vieux Montréal, à l’étage d’un bâtiment bien rénové, les locaux d’ICMTL sont adaptés à leur mission et possèdent un grand potentiel, bien qu’il s’agisse d’une installation «beta». Les pièces sont polyvalentes et la lumière est bien présente. Ces locaux représentent eux-mêmes une expérience de design créatif adapté à sa fonction. Mais c’est avant tout l’approche pédagogique concrète et participative qui attire les participants. Les présentations théoriques sont brèves et percutantes, les appels à la mise en pratique sont constants. «On apprend mieux dans l’action, me confie une participante». Oubliez le plan d’affaires traditionnel (uniquement utile pour obtenir du financement), tournez-vous vers le Business Model Canvas, le Lean Management et autres Design Thinking qui inspirent ce programme à la fine pointe des tendances en entrepreneuriat. Ces méthodes en vogue sont justement tournées vers la conceptualisation d’un projet, afin que l’objectif et les divers paramètres du succès soient déterminés avant de passer à l’étape de financement et de réalisation.

ICMTL dispose de locaux polyvalents et lumineux.

Le projet dans son ensemble peut être qualifié d’intrapreneurial. « Nous nous donnons le droit de faire des erreurs, de changer d’idée, de créer pour que ce programme demeure créatif!» déclare la leader principale du projet, madame Madeleine Bazerghi, en charge de l’entrepreneuriat éducatif au collège Dawson, elle-même ingénieure électrique, diplômée de philosophie, gestionnaire pédagogique et photographe. Ayant étudié la pédagogie entrepreneuriale au collège Babson à Boston, elle s’inspire des meilleures pratiques pour promouvoir ses initiatives.

Des ouvrages de référence traînent dans tous les coins.

De fait, ce sont les étudiants qui profitent le plus de cette inspiration. Prenons à titre d’exemple Pierre Vosgueritchian qui, à 42 ans, est probablement le plus âgé d’une cohorte diversifiée dont la moyenne d’âge se situe dans la trentaine. Inspiré d’une vision contemporaine du design, ce dernier conçoit des modules pour la maison basée sur la durabilité et la souplesse d’utilisation. Les participants ne pouvaient s’empêcher de jouer avec ses formes, et d’imaginer toutes sortes d’utilisations, justement le but recherché!

Pierre Vosgueritchian, designer et étudiant pose à côté de son oeuvre.

Pour sa part, Tatiana Castellanos, propose de combiner ses talents en beaux-arts avec sa passion pour le yoga et la méditation. Elle a conçu un nouveau système de méditation en mouvement axée sur la souplesse et le bien-être pour tous les âges et toutes les conditions physiques! Elle cherche maintenant à structurer son projet afin de le mettre en marché pour les personnes qui se cherchent une façon nouvelle de se détendre tout en améliorant leur santé globale.

 

Tatiana Castellanos, étudiante et entrepreneure.

Il y aurait tellement à dire encore, tant cette initiative est stimulante, mais j’aurai d’autres occasions d’en parler sur le site du Projet d’éducation entrepreneuriale au cégep (PEEC).  J’aimerais terminer en soulignant le courage et de l’audace dont ces apprentis entrepreneurs font preuve. Plusieurs m’ont confié avoir quitté leur emploi afin d’entreprendre cette formation. D’autres vivent chichement, dans l’espoir de se construire un avenir meilleur, dans une entreprise à la mesure de leurs rêves. Tous, hommes et femmes, sont allumés, mais je vous assure que les femmes y prennent toute leur place!  

Je suis sorti de ces rencontres avec l’impression d’avoir mis un pied dans le futur. Un futur qui tout en étant technologique et environnemental, prépare une société prospère, créative et plus humaine.

Richard Filion, directeur général du Collège Dawson, soutient fermement le mouvement entrepreneurial éducatif dans son collège.

 

Références

ICMTL : http://www.icmtl.org/, 409 St Nicolas #300, H2Y 2P4 Montréal QC, 514 431 3612

Lucinda Watrous , Good Design as Entrepreneurship, http://www.huffingtonpost.com/lucinda-watrous/good-design-as-entreprene_b_13729722.html

Babson College, http://www.babson.edu/Academics/divisions/entrepreneurship/Pages/home.aspx

Projet d’éducation entrepreneuriale au cégep (PEEC), http://peec.profweb.ca





 
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