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Le Cégep de Saint-Jérôme actif au Mali : le projet "DÉCLIC"



 

Entrevue de Marie Lacoursière  avec monsieur Patrick VERSTRAELEN, directeur de la Formation continue, Services aux entreprises et International (FCSEI), Cégep de Saint-Jérôme.

Depuis 2005, la Formation continue, Services aux entreprises et International du Cégep de Saint-Jérôme (FCSEI), en partenariat avec le Centre de coopération internationale en santé et développement (CCISD), appuie l’Institut National de Formation en Science de la Santé (INFSS) au niveau technique et financier. Ce premier projet visait à augmenter les capacités organisationnelles, gestionnaires et pédagogiques afin d’améliorer les qualifications des diplômés sortant de l’INFSS en implantant l’enseignement selon l’approche par compétences. Ce projet se termina en mars 2010 et fut suivi en juin de la même année d’un second projet nommé DÉCLIC soit, le Projet d’appui à la formation des professionnels de la santé au Mali.

Le projet DÉCLIC, réalisé par un consortium formé de la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke, du Centre de Coopération internationale en santé et Développement (CCISD) et du Cégep de Saint-Jérôme, est financé par le ministère des Affaires mondiales Canada (AMC). Le consortium appuie la mise en œuvre du projet DÉCLIC visant à rendre disponible, en quantité et en qualité, des ressources humaines de première ligne en santé au Mali.

Le rôle du Cégep de Saint-Jérôme dans ce projet est d’accompagner l’INFSS en contribuant au renforcement des professionnels de la santé en complétant l’implantation de l’enseignement selon l’approche par compétence, en l’étendant aux quatre Écoles-Annexes de l’INFSS, de même qu’en poursuivant l’appui au développement organisationnel de l’INFSS avec ses gestionnaires. Le but est d’offrir des programmes de formation actualisés, performants et adaptés aux besoins spécifiques des femmes et des enfants. Nous avons échangé avec monsieur Patrick VERSTRAELEN, directeur de la Formation continue, Services aux entreprises et International.

Un arrêt momentané

En mars 2012, un coup d’État militaire a entraîné une série d’évènements qui a profondément déstabilisé la société malienne et la situation sociopolitique du Mali. Coïncidence, une délégation malienne était présente au Cégep de Saint-Jérôme au moment du coup d’État, ce qui entraîna un retard pour le retour de nos collègues et amis maliens dans leur pays et qui vécurent beaucoup d’inquiétudes pour leurs proches. «Heureusement, tous étaient sains et saufs au Mali, et nos amis ont pu rentrer au pays, de relater le directeur.»

Dans ce contexte de bouleversements politiques, sociaux et familiaux importants et la crise économique majeure en découlant, les partenaires sur le terrain ont pu poursuivre, tant bien que mal le travail amorcé. Cependant, à l’instar de plusieurs pays et institutions internationales, le financement canadien direct au ministère de la Santé pour l’Institut national de formation en sciences de la santé (INFSS) a été interrompu et les activités d’assistance technique à l’INFSS ont été officiellement suspendues le 1er juin 2012.

Après deux ans d’arrêt, soit au printemps 2014, l’appui du Cégep a pu reprendre son cours. Dans le cadre de cette reprise, une mission a été organisée et une délégation du Cégep de Saint-Jérôme, du CCISD et de la faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke a pu rencontrer au Mali, les partenaires terrain et mettre à jour le plan de mise en œuvre pour l’ajuster en tenant compte de l’arrêt des activités.

Depuis le retour à la normale des activités, le Cégep de Saint-Jérôme a eu le plaisir d’accueillir à quatre reprises des délégations de collègues maliens, à Saint-Jérôme et au Centre collégial de Mont-Laurier, dont une délégation de onze Maliens du 4 au 22 avril dernier.

Adaptation des programmes de formation en soins de santé de l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS) 2

Depuis le début du projet,l’équipe du Cégep Saint Jérôme accompagne l’INFSS, l’Institut national de formation en soins de santé, pour l’implantation du programme de soins infirmiers et obstétricaux (infirmiers et sages-femmes), qui représente 80 % sa clientèle étudiante. Depuis, 2015, le Cégep travaille également avec les équipes des programmes de biologie médicale et santé environnementale. «Notre première contribution fut de compléter la transformation des programmes de formation en soins de santé harmonisés en approche par compétences (APC) pour les 15 pays membres de l’OOAS, dont le Mali fait partie. Il ne s’agit donc pas de programmes de formation québécois de niveau collégial que nous offrons ici, mais bien de l’adaptation des programmes de soins de santé prescrit par l’OOAS en les adaptant au contexte des pratiques maliennes» de préciser monsieur Verstraelen.

 Une mission spéciale et un calendrier chargé

Une importante mission des dirigeants membres du consortium de DÉCLIC a eu lieu en octobre 2016. «Le calendrier de mission comportait plusieurs rencontres importantes, dont l’une, en présence de l’ambassadeur du Canada au Mali. D’autres réunions ont eu lieu en présence des responsables des ministres, les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur. Également, des rencontres avec les directions de chacun des établissements de santé et des visites de sensibilisation aux pratiques de soins en place tapissaient le calendrier des échanges. Il s’agissait en définitive d’une mission plus « politique » de mi-étape afin de faire le point sur les avancées du projet qui prendra fin en 2018. Par ailleurs, nous entendions préparer, dans le cadre de nos échanges, un plaidoyer favorable à une éventuelle suite du projet». La mission s’est clôturée par la remise des diplômes aux premiers finissants maliens du programme de médecine familiale de l’Université de Sherbrooke, implanté à l’Université des Sciences des techniques et des Technologies de Bamako. Des attestations de compétences ont aussi été remises aux conseillers pédagogiques de l’INFSS pour leur premier module de formation en APC.

Assurer la pérennité du projet

Dans ce type de projet où le Canada investit des fonds publics, il faut s’assurer que le pays bénéficiaire s’approprie les résultats du projet et en assure la continuité lorsque cesse l'apport des Canadiens. Cette préoccupation requiert des échanges et des discussions au niveau de la réglementation et des lois du pays. «Si, à titre d’exemple, le projet a contribué à donner des bourses d’études pour les gens des régions venus faire leur formation en médecine de famille/communautaires ou comme infirmiers ou sages-femmes, il faut s’assurer que le ministère puisse continuer de leur offrir des bourses et leur garantir des emplois ensuite, pour assurer la pérennité du projet. C’est l’objectif que nous poursuivons lors des missions sur place.

La contribution spécifique du Cégep de Saint-Jérôme

La contribution spécifique du Cégep de Saint-Jérôme dans le projet DÉCLIC vise prioritairement l’accompagnement dans l’implantation de l’approche par compétences des programmes mentionnés ci-dessus. « Cet accompagnement des équipes pédagogiques de l’INFSS s’effectue autant au Canada qu’au Mali ou ailleurs en Afrique de l’Ouest, notamment au Sénégal et au Bénin, quand les conditions de sécurité précaire au Mali ne le permettent pas. Il est assumé par une conseillère pédagogique, Madame Anne Gagnon, qui travaille en étroite collaboration avec les équipes pédagogiques provenant des départements du Cégep qui possèdent les expertises requises. Lors des missions au Cégep, il arrive qu’on fasse appel à nos collègues d’autres Cégeps. À titre d’exemple, en avril dernier, lors de la mission de la délégation malienne du département de Santé environnementale de l’INFSS, nous avons fait appel aux ressources du Cégep de Saint-Laurent pour le volet traitement des eaux. Des enseignants, certes, mais également de nombreux conseillers pédagogiques aptes à assurer la formation et l’accompagnement requis pour les objectifs particuliers des missions.

        

La prise en charge locale des équipes pédagogiques au Mali est déjà faite. La directrice adjointe de l’INFSS, madame Fatoumata Dicko, me disait que l’INFSS commence à être sollicitée par d’autres écoles et même des universités pour transmettre l’approche par compétences. Nous sentons qu’un niveau accru d’expertise s’est développé et qu’une notoriété des compétences des pédagogues de l’Institut s’installe graduellement ».

Des contributions sur le terrain

Des enseignants issus des départements du Cégep et des conseillers pédagogiques vont constamment sur le terrain. « Dans chacune des thématiques abordées, nous sommes accompagnés d’un(e) spécialiste du domaine. À titre s’exemple, pour le programme des soins infirmiers et obstétricaux, qui occupe une place importante de notre appui, nous avons fait appel à une experte, comme madame Isabelle Brabant, sage-femme dont la réputation est établie au-delà de nos frontières, pour l’implantation du volet obstétrical. Elle s’est rendue au Mali avec l’équipe du Cégep de Saint-Jérôme, pour accompagner l’équipe des sages-femmes de l’INFSS et ses annexes en région. Elle agissait à titre d’experte et devait, entre autres choses, faire des démonstrations sur l’utilisation du matériel obstétrical, mais également sur les techniques d’enseignement qui s’y rapportent. L’accompagnement dans l’implantation d’un programme lors d’une mission pédagogique est complexe. Il faut bien identifier la compétence à enseigner ; appuyer les spécialistes maliens pour l’enseigner selon l’APC, en assurer la maîtrise et l’évaluer par la suite. Ce sont vraiment des ateliers complets, et ce, tant sur le plan théorique que pratique. »
La participation des étudiants au projet ?

La participation des étudiants au projet ?

Présentement, il n’y a pas d’étudiants associés à ce projet. Mais, cette idée est présente dans le cadre des nouvelles orientations du collège en international. Selon monsieur Verstraelen, trop souvent, les initiatives internationales reposent sur le bon vouloir de leur promoteur. Or, un enseignant qui, dans son département, a la bonne idée de développer et de supporter un projet de stage ou de complément de formation avec un autre pays y va souvent de ses contacts personnels. Ce projet vit tant que l’enseignant s’en occupe. Il faut, selon lui, faire évoluer cette vision des choses. Le Cégep est déjà présent dans certains pays où des initiatives sont en marche et se préoccupe de la manière de jumeler cette réalité et la formation de ses étudiants. Peuvent-ils être envoyés en stage hors pays? Le Mali est un très mauvais exemple, ces temps-ci, à cause de l’insécurité qui y règne, mais cela ne veut pas dire que la situation n’évoluera pas. « Dans d’autres projets que nous planifions, le volet se rapportant au transfert d’expertise doit être considéré et des liens avec le programme d’études et les étudiants peuvent être faits. Je rêve à des initiatives où, en cours de formation, nous soyons capables de faire des échanges avec des enseignants d’autres pays pour qu’ils puissent intervenir dans un cours du Cégep et partager leur réalité. Voilà à quoi peut correspondre l’internationalisation de la formation. Des étudiants peuvent travailler en commun sur un projet. Bien sûr des stages, mais certaines choses peuvent être faites avant le stage comme faire la planification d’une mission en mettant les intervenants en contact par visioconférence, organiser des activités pédagogiques qui ne nécessitent pas d’entrée de jeu un billet d’avion ».

L’organisation du projet

Le projet DÉCLIC suppose, en plus du volet pédagogique, un volet accompagnement en gestion d’une institution d’enseignement supérieur pour la direction de l’INFSS. « Lors des missions au Canada, il y a des responsables des différents services administratifs et pédagogiques de l’INFSS. Ceux-ci viennent pour observer et discuter du fonctionnement des activités du registrariat, des services aux étudiants, de la formation continue ou de la bibliothèque et le volet organisation qui s’y rapporte. Cela va même jusqu’à la gouvernance de l’institution. Nous avons reçu des dirigeants qui sont venus s’asseoir à notre conseil d’administration pour voir comment ça se passait. Quand ils viennent en mission ici, je m’assure que tous les intervenants puissent partager avec nous afin de pouvoir adopter des changements conformément à leur réalité ».

Une équipe permanente à Bamako

Le projet DÉCLIC possède une équipe malienne très qualifiée, dédiée de façon permanente à Bamako. Des intervenants qui appuient les activités menées par nos partenaires locaux. Le Dr Mahamane MAÏGA, directeur de l’assistance technique et conseiller technique en médecine familiale/médecine communautaire de même que la Dre Tiguida Sissoko, directrice adjointe, en assurent le suivi au quotidien. 

Perspectives d’avenir

La dernière mission du comité de direction du projet DÉCLIC au Mali a permis de constater des résultats concrets avec des acquis solides suite à l’implication des différents partenaires. Ce transfert d’expertise permet non seulement aux intervenants institutionnels de partager leur savoir-faire, mais aussi d’intervenir dans un autre contexte de réalisation fort enrichissant pour leur profession.

Le Cégep de Saint-Jérôme travaille présentement à se donner une structure organisationnelle qui pourra répondre à son orientation en termes de développement international. Cette orientation est issue d’une vaste opération de consultation auprès de son personnel qui a débuté au printemps 2016 et qui vient de se terminer. Cette orientation place le Cégep de Saint-Jérôme comme acteur important à l’international. Le projet Déclic et les multiples initiatives issues des départements et services pourront inspirer les futures activités qui se dérouleront prochainement au Cégep.





 
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