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Quand le Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu exporte son savoir-faire



 

Alain Lallier, éditeur en chef, Portail du réseau collégial

 

 

 

 

 

Entretien avec monsieur Benoit Lanciault, coordonnateur du Service des relations internationales du Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu

 

Nous avons rejoint Benoit Lanciault au Mozambique. Il arrivait d’une mission au Sénégal. Le coordonnateur du Service assure le suivi de nombreux projets dans plusieurs pays à travers le monde. Cette présence de son collège en coopération internationale n’est pas nouvelle. Elle date de plus de 30 ans. Nous parlons ici d’un cégep pionnier dans le domaine de la coopération internationale. Au tournant de l’année 2010, le Cégep a transformé son service de coopération internationale en Service de relations internationales intégrant dans un même service l’ensemble de ce qui touchait l’exportation du savoir-faire, la mobilité étudiante, le recrutement des étudiants internationaux et la francisation des immigrants. Les activités du Service ont une dimension pédagogique. Le Service des relations internationales relève de la Direction générale du Cégep et compte six personnes à temps plein et deux à temps partiel.

Groupe d’échanges et de discussion avec des étudiantes et des étudiants du Lycée Technique André Peytavin, le 8 mars 2018, portant sur l’accès des jeunes filles dans des métiers dits traditionnellement masculin.



L’exportation du savoir-faire dans de nombreux pays
Le Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu est maître d’œuvre ou collabore dans plusieurs projets : au Sénégal, au Mozambique, au Kenya, au Gabon, au Pérou et en Bolivie. Il est présent dans six pays et développe continuellement de nouveaux projets. Pour le Sénégal, le Cégep compte quatre projets ; deux au Mozambique. « Le nombre de pays est important et le nombre de projets, volumineux », affirme Benoit Lanciault. On peut consulter les projets en cours ou déjà réalisés sur le nouveau site web du cégep.

Un projet en maintenance de la machinerie agricole au Sénégal
Benoit Lanciault considère que les projets menés au Sénégal sont importants et méritent une mention spéciale. Présent dans ce pays depuis 2009, le Cégep y a développé entre autres un BTS en Maintenance de machinerie agricole. Étant donné que le Cégep offre le DEC en Gestion et technologies d’entreprise agricole, il était tout naturel pour eux de travailler dans cette discipline. L’agriculture représente une expertise que le Cégep exporte au Sénégal depuis près de dix années. « Quatre cohortes ont à ce jour terminé le programme. Sur l’ensemble des finissants inscrits, la presque totalité est en emploi dans leur domaine d’études ou à l’université dans des études supérieures, au Sénégal ou au Maroc. Voir ces étudiants parfaire leur parcours me touche beaucoup. Je n’ai pas toujours eu la chance de voir les étudiants s’épanouir dans les programmes que nous avons développés."

Nathalie Beaudoin, Directrice des communications et des affaires corporatives du Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu; Équipe de direction et des enseignants du Lycée Technique André Peytavin. Atelier pour le BTS en Maintenance de la machinerie agricole au Lycée



"Travailler au développement de ce programme avec les enseignants du Lycée technique André Peytavin m’a réellement marqué. C’est le programme que nous avons implanté où l’on voit le plus de retombées tant dans la région que dans tout le pays. Dans la même école, à Saint-Louis, nous concevons présentement un BTS en Création et réalisation d’équipements agricoles qui devrait démarrer en octobre prochain. C’est une primeur au Sénégal, ce nouveau BTS, développé selon el’approche par compétences. Ce programme répondra aux besoins des entreprises, permettra aux jeunes de participer, d’innover et de contribuer au développement économique du pays. Comme nous serons encore présents au Sénégal pendant deux ans, nous aurons la chance de voir diplômer la première cohorte. Ces projets sont financés par le Gouvernement canadien. Il est intéressant de constater que l’argent investi par le Canada a des retombées directes sur les jeunes et l’économie de ces pays. »

Une présence au Gabon depuis 30 ans
Le Cégep Saint-Jean est également présent au Gabon depuis plus de 30 ans. Il gère encore aujourd’hui le programme de bourses du Gouvernement gabonais au Canada. Monsieur Lanciault est le correspondant pour l’Agence nationale des bourses du Gabon au Canada. Le Cégep gère le projet en collaboration avec les universités canadiennes qui reçoivent les étudiants boursiers par l’État gabonais. Bien que beaucoup moins d’étudiants obtiennent des bourses de l’ANBG pour venir étudier au pays, le projet se poursuit toujours.

Une gamme diversifiée de services offerts
Les services offerts par le Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu sont larges et variés. « Dans le cadre d’octroi de projets sur la scène internationale, notre intérêt porte surtout sur le développement des programmes d’études, mais nous offrons également d’autres services. Nous travaillons notamment avec les gestionnaires en place en vue de parfaire leurs compétences dans le domaine de la gestion et de l’administration des établissements d’enseignement. De plus, dans le cadre de la gestion d’un programme d’études élaboré par compétences, la gestion qui gravite autour du programme est également très importante. Nous voulons intégrer des pratiques de gestion et d’approche programmes, de suivi auprès des entreprises, etc. Nous développons aussi des services de formation continue ou des services de relance des finissants. Tout ce qui entoure le programme d’études prend une grande importance dans nos projets. Au cours des dernières semaines, nous avons travaillé avec les responsables des communications au Lycée technique André-Peytavin sur la réalisation de plans de communications se rapportant au recrutement de nouveaux étudiants et à leur intégration au marché du travail. Nos services sont très variés. »

Bruno Smith, conseiller en développement international au Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu; Charles Lavigne, spécialiste en transformation alimentaire pour le CCNB-international; Équipe des enseignants du Nyeri National Polytechnic au Kenya



Les liens avec les départements et les membres du personnel du Cégep
Dans le cadre de ses projets, le Service fait appel à toutes les catégories de personnel du Cégep. « Bien sûr, il y a des enseignants, parce que le développement des programmes d’études requiert des spécialistes de contenus dans les disciplines que nous développons, telles que l’agriculture, l’horticulture, la mécanique, la mécatronique, l’électronique. Nous pouvons aussi nous nous associer avec d’autres collèges qui ont des expertises qui leur sont propres. Par exemple, pour le projet que nous menons au Mozambique, en construction civile, nous faisons appel au Collège communautaire du Nouveau-Brunswick qui offre ces programmes-là. Nous travaillons également dans le domaine des mines en partenariat avec le Cégep de Trois-Rivières et le Cégep Édouard Montpetit, en collaboration avec le Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue qui réalise un autre projet dans le même établissement d’enseignement. Des employés de soutien sont également partis au Kenya en soutien aux stages étudiants et au Sénégal pour aider au développement d’un système de relance scolaire. La plupart des services du Cégep sont mis à contribution.  Ce sont des expériences de travail formidables pour les membres du personnel du Cégep qui y participent. »

Marcelle St-Pierre, Conseillère au CCNB-International; Benoît Lanciault, Coordonnateur du Service des relations internationales au Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu; Équipe des enseignants du Meru National Polytechnic, Kenya



L’Afrique et la sécurité
Les actualités provenant de l’Afrique témoignent quelques fois de situations pour le moins troubles dans certains pays de ce continent. Est-ce qu’il y a des risques pour la sécurité des intervenants ? En réponse à cette question, Benoit Lanciault concède que cela peut être insécurisant pour certaines personnes. « Évidemment dans les pays où nous intervenons, nous essayons d’éviter les zones les plus à risque. Nous suivons à la lettre les consignes d’Affaires mondiales Canada. Par exemple, pour notre projet au Kenya, nous sommes avisés que certaines régions ou certains quartiers de Nairobi sont à éviter. Évidemment, nous évitons ces endroits. De plus, il y a souvent une équipe canadienne qui est basée sur place de façon permanente et qui nous informe régulièrement des endroits à éviter, des hôtels à ne pas fréquenter, etc. Nous mettons en place les mesures qui nous assurent que les intervenants sont toujours en sécurité et qu’ils aient le goût d’y retourner. Nous avons établi des règles à suivre pour tous nos coopérants, dont un code de conduite, et nous détenons une expertise dans ce domaine. Nous ne devons pas sortir seuls le soir, ne pas conduire de véhicules, etc. Il faut aussi s’inscrire sur le site d’Affaires mondiales Canada. Depuis les nombreuses années où nous sommes là, rien de grave n’est arrivé. Nous continuons à faire preuve d’une très grande prudence dans toutes les missions que nous accomplissons. Jusqu’à maintenant, tout se déroule bien. »

Un choix institutionnel assumé et renouvelé
Le Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu s’est doté d’une politique d’internationalisation. L’établissement entend poursuivre ses interventions dans le domaine. Il prépare à cet effet un nouveau plan stratégique. La volonté du Cégep de poursuivre ses activités internationales demeure entière. « Cela fait partie de la marque distinctive du Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu et nous en sommes très fiers », d’affirmer Benoit Lanciault.



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